Prime pour les psychologues du secteur de la santé

Contexte de la prime

La démarche de l’équité salariale entreprise en 2001 par le gouvernement et les syndicats a débouché en 2006 sur un niveau salarial inéquitable pour les psychologues. À la demande de ses membres, l’Association s’est impliquée dans ce dossier afin de voir à corriger la situation. Nous avons contesté à maintes reprises la mauvaise cotation de certains sous-facteurs permettant d’évaluer notre profession. Sans succès cependant, pour diverses raisons.

Cette situation inéquitable, notamment en regard du niveau de responsabilités des psychologues et de leur degré de formation, a entraîné une pénurie artificielle de psychologues dans le secteur parapublic (santé et éducation). Les chiffres du ministère de la santé (MSSS) venaient confirmer cette pénurie, dont le niveau dépassait largement la baisse de personnel observée en général et liée aux changements démographiques. En effet, dès 2011, le gouvernement du Québec prévoyait qu’en 2015-2016, il serait incapable de pourvoir un poste de psychologue sur cinq dans le réseau public, ce qui représente 547 postes, deux fois plus que les niveaux de 2011.

Après avoir rencontré en janvier 2011 des représentants du ministère, notamment impliqués à la planification de la main d’œuvre, nous avons pu contribuer à la création d’un groupe de travail sur la main-d’œuvre de psychologues au sein duquel le MSSSS s’est engagé à « évaluer la possibilité de mettre en place des mesures d’attraction et de rétention pour travailler dans le réseau public de santé et de services sociaux » de même que « d’évaluer la possibilité d’instaurer un système permettant à l’interne (stagiaire) d’être intégré comme salarié de l’établissement ». Les démarches de cette table ont abouti à l’obtention d’une prime d’attraction et de rétention en 2012.

Après avoir recueilli les données des deux dernières années, le ministère serait à évaluer l’impact de cette mesure. Mais, compte tenu que des négociations sont en cours (2014) pour le renouvellement de la convention, nous avons demandé aux syndicats représentant les psychologues (CSN, APTS, FPPQ…) de réclamer la transformation de la prime en salaire.

Arrêt de la prime

En février 2015 une circulaire du Ministère informait les établissements de santé de l’arrêt de la prime des psychologues au 1er avril 2015. Un geste surprenant, non habituel lors des travaux de renouvellement d’une convention collective, un geste que le gouvernement ne se serait sûrement pas permis avec les médecins. Et, par ailleurs, les pharmaciens ont pu conserver leur prime, sans interruption. Il semble que le domaine médical jouisse de privilèges dont ne bénéficient pas les autres professionnels de la santé.

Reculer sur cette prime venait également bafouer la démarche amorcée avec le ministère de la santé, au sein du « Groupe de travail main d’œuvre psychologues », qui avait pour mandat notamment de « cibler des objectifs et actions réalistes afin de répondre à la problématique de main-d’œuvre à moyen et long terme ».

Et il faut insister sur le fait que cette prime était le premier pas vers la recherche de solutions permanentes pour contrer une pénurie résultat des problèmes vécus par les psychologues dans le secteur public : non reconnaissance de la formation et de l’expertise, salaire inadéquat, conditions administratives qui réduisent l’autonomie professionnelle, pressions à l’optimisation, etc.

Notre présence dans le réseau public est cruciale pour l’intervention en santé mentale et en santé physique. Comme le mentionnait lui-même le MSSS en juin 2011 : « Les psychologues peuvent jouer un rôle central, en particulier dans les équipes de santé mentale de première ligne. » « Les psychologues, par leur champ d’expertise, font partie des équipes interdisciplinaires de première ligne en plus des équipes spécialisées. Ils contribuent de façon à ce que le réseau de la santé et des services sociaux réponde adéquatement aux besoins de la population. »

Malheureusement, on semble manquer de mémoire au MSSS. C’est donc à nous de rappeler à nos décideurs ce qui a été exprimé et les engagements qui ont été pris. Ainsi, au-delà de nos démarches avec le cabinet du ministre et du ministère de la santé, nous avons communiqué avec tous les représentants syndicaux et associatifs qui étaient présents au Groupe de travail main-d’œuvre psychologues pour leur rappeler la démarche que nous avions amorcée tous ensemble. Il faut dire que nous n’avions pas eu de rencontre depuis plus de deux ans, les représentants du ministère alléguant que nous devions attendre les résultats de l’analyse d’impact de la prime. Ce que nous n’avions toujours pas d’ailleurs en 2015. Encore une fois, une incohérence dans la décision de l’arrêt de la prime.

En réaction à ce désaveu du gouvernement envers les psychologues, de très nombreuses démarches de représentation ont été effectuées, tant auprès du ministère, qu’auprès des syndicats et des médias tout au cours de l’année 2015. En ce début d’année 2016, une entente de principe accorderait le retour de la prime aux psychologues de la santé, sans rétroactivité toutefois. Mais les psychologues scolaires pourront dorénavant bénéficier de la même prime.

Rappelons toutefois que l’enjeu central est d’obtenir la conversion de cette prime en salaire, ce qui entraîne une différence significative :

  • tous les psychologues peuvent en bénéficier, pas uniquement ceux travaillant à 4 ou à 5 jours
  • l’ajustement de l’échelle salariale constitue une reconnaissance des récentes exigences de la profession (niveau de diplomation, complexité et responsabilités)
  • une hausse qui s’applique au REGOPP et qui est comptabilisée dans les avantages sociaux

En ce début 2016, afin de manifester leur mécontentement, 90% des psychologues sondés ont fait le choix du boycott de la supervision des internats pour l’année 2016-2017 afin d’obtenir la conversion de la prime en salaire.

Les étudiants au doctorat se sont joints à la démarche, et décidé par référendum de boycotter eux-mêmes les internats, pour revendiquer la rémunération de cette étape de leur formation, au même titre que les internes en médecine. Ils dénoncent que le Québec soit le seul endroit au Canada et aux Etats-Unis où les internats en psychologie ne soient pas rémunérés.

Nous poursuivons donc nos démarches pour obtenir gain de cause dans ce dossier.

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